Luire (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

(se conjugue comme Cuire, à l'exception du participe passé lui ; au passé simple, on rencontre les formes je luis, nous luîmes, etc., à la place de je luisis, nous luisîmes ). XI e siècle. Emprunté du latin lucere, de même sens.
1. Émettre, répandre de la lumière. Le soleil luit. Quand la lune commencera à . Dès que le jour luira, je partirai. Par anal. Son regard luisait de plaisir, de convoitise. Prov. Le soleil luit pour tout le monde, il est des avantages, des droits dont chacun est libre de jouir. Fig. Il voyait enfin quelque espoir de secours. Voilà un rayon d'espérance qui luit pour nous.
2. Par ext. Refléter, réfléchir la lumière, jeter quelque éclat. L'eau d'un étang luisait à travers les fourrés. Les yeux des chats luisent dans la pénombre. On voyait les sabres, les cuirasses. Tout luit dans cette maison, tout y est net et poli.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

("Il luit. Il luisait.") Jeter, répandre de la lumière. "Quand le soleil luit. Dès que la lune commencera à . Dès que le jour luira, je partirai. On entrevoit quelque chose qui luit au travers de ces arbres."
Prov., "Le soleil luit pour tout le monde," Il est des avantages dont chacun a le droit de jouir.
Il signifie, par analogie, Jeter quelque éclat, réfléchir la lumière, en parlant des Corps polis. "Je vois dans ce sable quelque chose qui ressemble à de l'or. Tout luit dans cette maison, tout y est net et poli. On voyait de loin les sabres, les cuirasses."
LUIRE signifie figurément Paraître comme un point lumineux dans l'esprit. "Il vit enfin quelque espoir de secours. Voilà un rayon d'espérance qui luit pour nous. Un nouveau jour luit pour nous." Notre destin change.



Dictionnaire d'Emile Littré




 1   Répandre de la lumière.
CORN.: « Enfin ce jour pompeux, cet heureux jour nous luit »
LA FONT.: « La lune, alors luisant, semblait contre le sire, Vouloir favoriser la dindonnière gent »
RAC.: « Hé quoi ! lorsque le jour ne commence qu'à .... »
RAC.: « Quand le Seigneur.... Fit aux yeux mortels un rayon de sa gloire »
RAC.: « On voit des feux parmi des étendards »
FÉN.: « À peine le soleil y peut faire ses rayons »
VOLT.: « Où suis-je ? quelle nuit Couvre d'un voile affreux la clarté qui nous luit ? »
GILBERT: « Son front luit, étoilé de mille diamants »
BOISSY: « Le jour ne luit que tard dans leur appartement [de certaines dames] ; Souvent le soir arrive et les surprend couchées »
GILB.: « Ce soleil qui nous luit, le monde entier l'appelle Roi des astres nombreux dont l'olympe étincelle, Le chef-d'oeuvre du Tout-Puissant »
ARNAULT: « Au défaut du soleil, la foudre ici me luit »
V. HUGO: « Tu verras, si demain le cercueil me dévore, Un soleil aussi beau à ton désespoir »
    Fig.
BOSSUET: « Si pour vivre chrétiennement il faut quitter sa famille et la société du genre humain.... ce n'est pas le dessein du Fils de Dieu ; au contraire, il commande aux siens de devant les hommes »

 2   Par extension, réfléchir la lumière, en parlant de corps polis.
RAC.: « Hé ! si l'impie Aman dans sa main homicide Faisant à vos yeux un glaive menaçant.... »

 3   Fig. Briller d'un éclat que l'on compare à la lumière.
CORN.: « Je vous crois, mais souvent l'amour brûle sans ; Dans un profond secret il aime à se conduire »
BOSSUET: « N'a-t-il pas dit [Jésus] qu'il la mettait [son Église] sur une montagne, afin qu'elle fût vue de tout le monde ? n'a-t-il pas dit qu'il la posait sur le chandelier, afin qu'elle luisît à tout l'univers ? »
BOILEAU: « Et dès qu'un mot plaisant vient à mon esprit, Je n'ai pas de repos qu'il ne soit en écrit »
MASS.: « Ne peut-il pas faire sa lumière dans les ténèbres ? »
VOLT.: « Si de quelque espérance un rayon peut nous »
VOLT.: « La vraie philosophie ne commença à aux hommes que sur la fin du seizième siècle »
BÉRANG.: « Belle Octavie ! À tes fêtes splendides, Dis-nous, la joie a-t-elle jamais lui ? »
    Un nouveau jour nous luit, c'est-à-dire notre destin change.

PROVERBE Le soleil luit pour tout le monde, il est des avantages dont chacun a le droit de jouir.

HISTORIQUE
    XIème siècle
     Ch. de Rol. CLXXX: Claire est la nuit et la lune luisante
    XIIème siècle
     Roncisv. 44: Li solaus luist, si fu et bel et cler
     ib. 77: Li cons [le comte] le fiert sur son haume luisant
     Couci, V: Et son col blanc, son chef blond et luisant
     Job, p. 441: Emmei la malvaise et perverse genz, entre cui vos luisiez si com lumieres el munde
    XIIIème siècle
     Berte, XVIII: Après l'aube aparant luisoit la lune claire
RUTEB.: « N'est pas tout or quanqu'on voit »
     Ren. 6874: Il estoit nuict à icele hore, Et les estoiles cler paroient, Et en l'eve del puis luisoient
     ib. 3186: ...Renart le remple, et cil boit à moult grant joie et à grant feste ; Li oil [les yeux] li luisent en la teste Autresi com un vif charbon
     Psautier, f° 128: Dieux estendi feu qui luisist à eus par nuit
    XIVème siècle
ORESME: « Quant le soleil luist et encontre un drap vert, ou par une verriere verte, les choses opposites semblent estre vertes »
    XVIème siècle
MONT.: « L'ame qui loge la philosophie doibt faire jusques au dehors son repos et son aise »
COTGRAVE: « Ce qu'on donne luit, ce qu'on mange puit [pue] »
D'AUBIGNÉ: « Alors ces heureux noms, sans elite et sans choix, Luiront dans mes escrits plus que les noms des rois »

ÉTYMOLOGIE
    Wallon, lûre ; provenc. luzer, luzir ; cat. lluir ; esp. lucir ; ital. lucere ; du lat. Lucere ( 1er e long), (voy. LUEUR). La forme suppose que l'e avait été abrégé par une fausse prononciation et était devenu lucere ( 1er e bref). On trouve aussi luisir, qui est la forme correcte.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


("Je luis, tu luis, il luit; nous luisons, etc. Je luisais. Je luirai. Je luirais. Que je luise. Luisant. Lui.") Éclairer; jeter, répandre de la lumière. "Quand le soleil luit. Le jour, la clarté qui nous luit. Dès que la lune commencera à . Dès que le jour luira. On entrevoit quelque chose qui luit au travers de ces arbres."
Prov., "Le soleil luit pour tout le monde," Il est des avantages dont chacun a le droit de jouir.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi Des corps polis qui réfléchissent la lumière. "Je vois dans ce sable quelque chose qui ressemble à de l'or. Tout luit dans cette maison, tout y est net et poli. On voyait de loin les épées, les cuirasses."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie figurément, au sens moral, Paraître, briller. "Le gouverneur de cette place ne s'est pas rendu, tant qu'il a vu quelque espoir de secours. Voilà un rayon d'espérance qui nous luit. Un nouveau jour nous luit," Notre destin change.



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


"Je luis, tu luis, il luit. Nous luisons, etc. Je luisois. Je luirai. Je luirois. Que je luise. Luisant. Lui". Éclairer, jeter, répandre de la lumière. "Quand le soieil luit. Le jour qui nous luit. La clarté qui nous luit. Dès que la lune commencera à . Dès que le jour luira. On entrevoit quelque chose qui luit au travers de ces arbres. Du feu qui ne luit point".
On dit figurément, "Voilà un rayon d'espérance qui nous luit".



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


"Je luis, tu luis, il luit. Nous luisons, &c. Je luisois. Je luirai. Je luirois. Que je luise. Luisant. Lui." Éclairer, jeter, répandre de la lumière. "Quand le soleil luit. Le jour qui nous luit. La clarté qui nous luit. Dès que la lune commencera à . On entrevoit quelque chose qui luit au travers de ces arbres. Du feu qui ne luit point."
On dit figurément, "Voilà un rayon d'espérance qui nous luit."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

LUISANT, ANTE, adj. ["Luî-re", "lui-zan", "zante": 1re lon. au 1er, 2e "e" muet au 1er, lon. aux deux aûtres.] "Luire", je "luis", nous "luisons", je "luisais"; je "luirai", "luirais"; que je "luise", "luisant".
- Ce verbe n'est en usage, ni au prétérit de l'indicatif, ni à l'impératif, ni à l'imparfait du subjonctif. = Éclairer, répandre de la lumière. 'Le jour nous "luit". 'Quand le Soleil "luit". 'Du feu qui ne "luit" point. = Figurément. 'Un rayon d'espérance "nous luit" au milieu de tant de sujets de découragement. = Il régit quelquefois le datif, comme dans cette phrâse et la première; mais pas toujours. "Rousseau" dit de "Minerve", descendûe parmi les hommes pour les éclairer:
   Elle s'avance, et cherchant à "leur ",
   Je viens, dit-elle, ici bas vous instruire.
Il ne faut pas être si sévère avec les Poètes gênés par la rime et la mesûre; mais en prôse, on ne pourrait dire " aux" hommes pour "éclairer les" hommes.
   LUISANT, qui luit. 'Ver "luisant", étoiles "luisantes".
- Qui a quelque éclat. 'Couleur, étofe, encre "luisante". 'Visage "luisant de" fard; cheveux "luisants de" pomade. = S. m. '"Le luisant d'une" étofe.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Verbe 


Esclairer, jetter, repandre de la lumiere. "Le soleil luit. la lune commence à . le soleil n'a guere lui aujourd'huy. on entrevoit quelque chose qui luit au travers de ces arbres. ce feu ne luit point".




Emplacement dans le dictionnaire :

lucullus
ludion
luen
luette
lueur
luge
lugubre
lugubrement
lui

luisant
luites
luiteur
lumachelle
lumbago
lumiere
lumière
lumignon
luminaire
luminescence
lumineusement




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Pierre LOTI (Pêcheur d'Islande)

...; mais aussi cela annonçait la fin de la saison d'Islande, l'époque où l'on fait route pour revenir en Bretagne. En fines gouttelettes brillantes, cela se déposait sur leur barbe ; cela faisait luire d'humidité leur peau brunie. Ceux qui se regardaient d'un bout à l'autre du bateau se voyaient trouble comme des fantômes ; par contre, les objets très rapprochés apparaissaient plus crûment sous...


Citation n°2 de Émile MOSELLY (Terres lorraines)

...nord, ils jouissaient d'un moment de repos, tandis qu'un rayon de soleil, filtrant à travers la nue, chauffait les dalles blanches à leurs pieds, semait des paillettes d'argent sur les eaux, faisait luire la cime des sapins. Ils avaient allumé un petit feu. Ils voyaient le barragiste aller et venir devant eux, et sa haute taille se découpait sur la moire glissante des eaux, se penchant d'un mouvement...


Citation n°3 de Paul ADAM (L'Enfant d'Austerlitz)

...de la machine. Ou bien il redisait sans fatigue ce qu'il avait appris des premiers bateaux à vapeur en usage sur la Seine. Il souhaitait un voyage à Paris pour voir, au passage des panoramas, luire l'étonnant miracle du gaz d'éclairage. Omer s'intéressait mal à ces choses. Il tombait de la draisienne. La roue antérieure tournait d'elle-même sans qu'il la pût guider ; et cette monture pour...


Citation n°4 de Paul ADAM (L'Enfant d'Austerlitz)

...vous étonne-t-elle à ce point ? Remerciez Dieu de me voir si plaisante, alors ! ... je suis un don de la providence... priez afin que je ne disparaisse point à la façon des saintes qui ne font que luire une seconde dans la cellule des bienheureux... et de continuer la plaisanterie. édouard raffermit sa contenance ; il lui servit à propos quelques ripostes. Le général observait leur manège. Soudain...


Citation n°5 de Émile VERHAEREN (La Multiple splendeur)

...bruit reflétait leurs lueurs jusqu'au fond de la nuit. -notre-dame des vieux empires, là-bas, très loin, au fond des orients, dites, quelle lueur de souvenir s'épand sur des glaives que l'on voit luire ? -ce fut l'heure du monde où trônèrent les rois, où la force des bras soumise à leur pensée fut peu à peu, mais âprement organisée ; le casque épais et dur, le glaive court et droit couvrait ou...


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